Travailleur et travailleuse en lutte

Mon combat pour démontrer mon incapacité

En 2021, j’ai subi un accident du travail, alors que je travaillais comme technicienne en ébavurage. Mon travail consistait à réduire, par abrasion, les rugosités de diverses pièces nécessaires au secteur de l’aéronautique avec des outils vibratoires. J’étais en train de sabler une longue pièce fine et délicate, fixée par un étau lourd au centre et des pinces serre-joints aux extrémités, lorsqu’elle s’est subitement détachée. J’ai eu le réflexe de la retenir pour éviter qu’elle tombe au sol, mais comme l’ensemble du montage était très lourd, je me suis blessée sévèrement au membre supérieur gauche. J’ai aussitôt consulté mon médecin qui m’a diagnostiqué une tendinite à l’épaule gauche, une élongation du plexus brachial gauche et, par la suite, une déchirure labrale de l’épaule gauche. La CNÉSST a accepté ma réclamation, mais une fois consolidée, malgré mes limitations fonctionnelles, elle a déterminé que j’étais capable de refaire mon emploi de technicienne en ébavurage. C’est à ce moment que mon combat a commencé avec la CNÉSST.

Mon combat pour justifier mon hors délai

Lors de mon accident du travail, je travaillais comme coupeur de pierre, depuis plusieurs années, dans une entreprise familiale de création de pièces de marbre, de quartz et de granit. Alors que je m’apprêtais à transférer une grosse pièce lourde de granit et de marbre sur un pont roulant, la pièce m’a glissé des mains. En voulant la retenir, pour éviter qu’elle se fracasse, j’ai ressenti une violente douleur à l’épaule gauche. Lors de ma consultation médicale, mon médecin a refusé de compléter une attestation médicale, me disant qu’il était trop tard pour déposer une réclamation à la CNÉSST. C’est là que mon histoire commence!

Droit aux traitements : la CNÉSST doit tout rembourser!

En 2024, j’avais écrit un premier article dans le Journal de l’uttam dans lequel je faisais le récit de ma bataille pour faire reconnaitre ma lésion. J’y racontais comment, au terme d’un long et difficile combat, j’étais parvenue à faire reconnaitre que ma blessure au dos, survenue en mars 2022, était un accident du travail. Comme je le disais à l’époque, en conclusion de mon texte, je n’étais pourtant pas au bout de mes peines… J’ai dû, en effet, mener une deuxième bataille, cette fois pour mon droit aux traitements.

L’importance de ne pas laisser tomber ses droits : quand la persévérance est récompensée

Je travaille depuis une dizaine d’années comme cuisinier à l’emploi d’un buffet chinois. Quand un accident du travail à l’épaule m’a rendu incapable de travailler et qu’une difficulté de communication avec la CNÉSST a entrainé le refus de ma réclamation, je me suis retrouvé sans revenu ni traitement pendant une très longue période. Heureusement, l’uttam était là pour moi!

Lorsque la CNÉSST banalise l’impact du travail sur notre corps, il faut se battre!

Je suis serveuse de métier. J’y ai travaillé pendant plus de 30 ans. Malgré ce qu’en pense la CNÉSST, c’est un métier extrêmement physique. Nous sommes toujours en mouvement avec quelque chose à la main. Nous servons et desservons des plateaux de nourriture et de boissons, les uns après les autres. Il faut dire que lorsqu’on est serveuse, une bonne partie de notre revenu dépend de la qualité du service que l’on offre aux clients. On a donc intérêt à faire vite et à bien faire!

Une surdité professionnelle ça peut apparaître à tout âge!

Je travaillais, de 1995 à 2008, dans un musée comme technicienne en muséologie. C’est un milieu qui n’est pas reconnu pour avoir des charges très lourdes à lever, ni des expositions à des bruits au-delà de la limite acceptable. Pourtant, il y a un atelier de menuiserie complet avec plus d’une dizaine d’outils de qualité industrielle. Parmi les tâches, la fabrication de caisses pour le transport d’œuvres d’art sur mesure en faisait partie. Portant, aucune protection auditive n’était suggérée.

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