Impacts des coupures à la CÉSST
En plus de ne pas renouveler une subvention annuelle de 2,4 millions de dollars pour la promotion de la santé psychologique dans les milieux de travail, le gouvernement Legault exige des compressions à la CNÉSST.
Les coupures exigées par le gouvernement de la CAQ à la CNÉSST élimineront 250 postes, ce qui représente 5% de son effectif. Ces coupures entraineront inévitablement des ruptures de service, des délais et auront manifestement des impacts sur les travailleuses et les travailleurs à court et moyen terme.
Le gouvernement ne renouvellera pas non plus la subvention annuelle accordée à la CNÉSST pour l’embauche de 18 conseillers voués exclusivement à la promotion de la santé psychologique au travail. Encore plus ironique, cette annonce survient au début de la campagne de sensibilisation pour la prévention des risques liés au harcèlement au travail lancée par la Commission (du 3 novembre au 7 décembre 2025).
Une campagne qui vise, entre autres, à informer, outiller et accompagner les employeurs concernant leurs nouvelles obligations en prévention des risques psychosociaux au travail, et ce, à la suite de l’adoption de la Loi « modernisant » le régime de santé et de sécurité du travail.
Nul doute que ces coupures nous laissent perplexes quant au véritable intérêt du gouvernement de prévenir le harcèlement et les risques psychosociaux au travail.
Impact de l’amiante sur la santé mentale
En septembre 2025, la Cour supérieure a accepté d’entendre une demande de recours collectif pour des dommages psychologiques relatifs aux craintes et appréhensions liées à l’exposition à l’amiante. On estime, en effet, que le désamiantage effectué, au début de l’année 2015, sur l’édifice Crane de Montréal aurait exposé une centaine de ses résidents à de l’amiante durant les travaux.
Ce n’est toutefois qu’en 2019 que des résidents ont été informés, par un épidémiologiste, des risques de développer, des années plus tard, un cancer, comme le mésothéliome, à la suite d’une exposition à la poussière (fibres) d’amiante. Cette crainte, pour la santé des résidents et leur famille (incluant de jeunes enfants), est donc à l’origine de ce recours collectif.
Le concierge de l’époque avait pourtant alerté les autorités des travaux bâclés et du fait que les travailleurs retiraient l’amiante sans porter de protection obligatoire. Le propriétaire de l’immeuble a d’ailleurs dû payer une amende pour avoir embauché des travailleurs non qualifiés. Malgré une visite de la CNÉSST à la suite d’une plainte, celle-ci n’avait cependant pas ordonné l’arrêt des travaux.
L’Association des victimes de l’amiante (AVAC) espère que cette cause aidera à faire reconnaître l’importance d’instaurer des moyens de prévention rigoureux pour tous, autant pour les travailleurs affairés au désamiantage que pour les résidents où sont effectués les travaux.
Une professeure remet son prix à l’uttam
Le 20 septembre dernier, Rachel Cox, professeure en droit social et du travail à l’UQAM, a reçu le prix Marc-André-Bédard 2025, décerné par l’Institut québécois de réforme du droit et de la justice (IQRDJ). Ce prix souligne l’engagement exceptionnel d’une personnalité québécoise dont l’action a contribué à des réformes législatives porteuses d’inclusion sociale et d’innovation juridique.
La professeure Cox a choisi de verser ce prix d’une valeur de 25 000 $ à l’uttam, afin de soutenir le travail effectué dans l’intérêt des victimes de lésions professionnelles. L’uttam est très reconnaissante envers la professeure Cox et l’IQRDJ pour le prix Marc-André-Bédard lui ayant été remis.
Soulignons que Me Rachel Cox a, entre autres, présidé le Comité d’expertes qui avait pour mandat d’analyser les recours dont peut se prévaloir une personne victime d’agression à caractère sexuel ou de harcèlement sexuel au travail et de proposer des mécanismes de prévention. Les recommandations soumises ont d’ailleurs servi à nourrir le projet de loi n◦ 42, Loi visant à prévenir et à combattre le harcèlement psychologique et la violence à caractère sexuel en milieu de travail.
À l’instar de Me Cox, l’uttam avait présenté un mémoire ainsi que des recommandations en commission parlementaire sur ce projet de loi. La collaboration avec des alliés du milieux universitaire est toujours bénéfique pour le développement de projets de recherche et le transfert de connaissances. Souhaitons que l’uttam ait l’opportunité de continuer ce partenariat dans le futur!

