Se battre pour ses droits, ça vaut la peine!

Adriana Barrios Beltran

Le métier de préposée aux bénéficiaires n’est pas de tout repos.  C’est un travail qui comporte de nombreuses tâches physiquement exigeantes.  C’est en exerçant ce métier dans une résidence pour personnes âgées que je me suis blessée au dos, à la fin du mois de mars 2022.  Et j’ai dû mener une longue bataille pour tenter de faire reconnaitre cet accident.

Au travail, je devais fournir des soins à une quinzaine de personnes âgées, notamment des soins d’hygiène pouvant impliquer de l’aide pour prendre un bain ou une douche.  Le jour de l’accident, alors que j’aidais un résident à prendre son bain, j’ai ressenti un picotement dans le bas du dos en déplaçant la chaise hydraulique sur laquelle le bénéficiaire était assis.  Il s’agit en effet d’une manœuvre qui exige de la force, effectuée alors que j’étais dans une mauvaise posture.

Malgré la douleur, devenue progressivement plus importante au cours de la journée, je suis parvenue à terminer mon quart de travail.  J’ai pris du Tylenol et je suis rentrée chez moi.  Je n’ai pas officiellement déclaré d’accident à l’employeur le jour-même, parce que je croyais que ça passerait, mais j’ai décrit l’incident à une collègue.

J’ai travaillé les trois jours qui ont suivi, malgré une douleur qui devenait de plus en plus forte.  J’ai demandé à plusieurs reprises l’aide de mon conjoint, qui travaille lui aussi comme préposé aux bénéficiaires chez le même employeur, et qui m’a appuyée pour plusieurs tâches et manœuvres exigeant un effort physique.  J’ai aussi pris, chaque jour, des médicaments contre la douleur.

Le 4e jour après l’accident, les douleurs étaient plus intenses que jamais.  Je me suis présentée au travail, mais j’étais quasiment incapable de faire tout effort.  Je suis allée voir ma supérieure avant la fin de mon quart de travail pour déclarer la blessure survenue quatre jours avant, tout en demandant la permission de quitter, puisque je n’arrivais plus à travailler.  Le même jour, j’ai consulté un massothérapeute qui m’a recommandé de voir un médecin, ce que j’ai réussi à faire au début d’avril 2022, après quelques démarches de plus.

Dès que j’ai vu le médecin, celui-ci a diagnostiqué une entorse lombaire et a complété les papiers confirmant l’accident du travail.  J’ai alors produit ma réclamation à la CNÉSST.

Malheureusement, la Commission a refusé ma réclamation, sous prétexte que j’avais tardé à déclarer l’accident à l’employeur et à consulter un médecin.  J’ai reçu la décision de refus, alors que j’étais en arrêt de travail et que j’avais débuté des traitements de physiothérapie.  Malgré le refus, j’ai continué les traitements quelques semaines en les payant moi-même, jusqu’à ce que je manque de sous pour le faire.

J’étais surtout en colère que mon accident, pourtant survenu au travail, ai été refusé.  J’ai cherché de l’aide pour savoir quoi faire et j’ai finalement trouvé l’uttam, que j’ai consulté pour la première fois en juin 2022.  On m’a alors aidée à produire la demande de révision contre le refus de ma réclamation.

Quand, quelques mois plus tard, la révision administrative a confirmé le refus de l’accident du travail, l’uttam m’a aidée à contester de nouveau, cette fois au Tribunal administratif du travail.

Évidemment, l’idée de devoir me présenter devant un juge me stressait beaucoup, mais l’uttam m’a encouragée à aller jusqu’au bout pour défendre mes droits.  On m’a aussi référée à une avocate très gentille et très compétente qui a accepté de me représenter au Tribunal.

J’ai finalement eu mon audience devant le Tribunal au mois de juin dernier, plus d’un an après l’accident.  J’ai témoigné devant le juge en racontant l’accident en détail et en répondant à toutes les questions.  Mon avocate m’a bien défendue, argumentant que l’accident devait être accepté.

J’ai reçu la décision environ un mois plus tard, à la fin de juillet 2023, et j’ai eu le bonheur d’apprendre que l’accident était finalement accepté!  Le juge a conclu que ma version des faits était crédible et cohérente et que je devais être indemnisée pour ma blessure au dos.

Cette longue bataille n’a donc pas été inutile.  À la suite de cette victoire, la CNÉSST m’a versé l’indemnité dont j’étais privée depuis l’accident et j’ai pu reprendre les traitements.  La Commission m’a aussi remboursé une partie des frais des traitements que j’avais payés moi-même après le refus.

Ma bataille pour mes droits n’est pas complètement terminée, puisque je me bats encore pour faire payer une partie des frais de traitement que la CNÉSST refuse pour le moment d’assumer.  Quoi qu’il en soit, je suis bien contente d’avoir eu l’uttam pour m’épauler dans ce combat et d’avoir encore son soutien pour la bataille qu’il me reste à mener!

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