Été 2022

Les victimes de lésions professionnelles encore pénalisées

Les victimes d’accidents et de maladies du travail vivent une grave injustice au moment de prendre leur retraite.  En effet, même si la CNÉSST calcule les cotisations normalement versées au Régime de rentes du Québec (RRQ) pour fixer le revenu net qui sert à déterminer le montant de l’indemnité de remplacement du revenu, ces cotisations ne sont pas versées.  La travailleuse ou le travailleur ne perçoit donc pas ce montant lors de la réception de son indemnité de la CNÉSST et ses gains pour le RRQ sont fixés à 0 $.

En bref (Été 2022)

La Loi sur l’équité salariale est une victoire des mouvements syndicaux et féministes de par la reconnaissance de la discrimination salariale envers les femmes et son mécanisme permettant d’y remédier en partie. Elle oblige les employeurs de 10 salarié-e-s ou plus à assurer des salaires équivalents pour des emplois équivalents et donc à faire un exercice de comparaison entre les emplois équivalents à prédominance féminine et masculine pour déceler des écarts salariaux s’expliquant que par la discrimination. La CNÉSST doit s’assurer du respect de la loi et corriger rétroactivement le salaire lors d’un écart injustifiable.

Rien pour soutenir les non-syndiqués

Le 6 avril 2022 marquait l’entrée en vigueur d’importantes dispositions transitoires prévues par la réforme Boulet.  Pour la première fois, des milieux de travail, non-couverts jusqu’ici par les mécanismes de prévention prévus par la Loi sur la santé et la sécurité du travail (LSST), doivent mettre en place de tels mécanismes.

Décisions récentes (Été 2022)

La travailleuse décède lors d’un accident du travail. À son décès, elle est mariée et parent d’une fillette. La CNÉSST rend une décision donnant droit à l’enfant à une indemnité pour dépenses imprévues, une rente mensuelle jusqu’à sa majorité et une indemnité forfaitaire. Toutefois, elle ne verse aucune indemnité à l’épouse de la travailleuse, au motif que les deux femmes n’habitaient pas ensemble au moment du décès, son épouse habitant en Colombie. La succession conteste cette décision.

Grève générale illimitée chez BMR-Novago

Depuis le 30 septembre, les travailleuses et travailleurs de la coopérative BMR Novago de Joliette et Saint-Jacques sont en grève générale illimitée suite au lock-out de leur employeur qui ne semble pas du tout pressé de s’assoir à la table de négociation. Cette grève arrive après plus de deux ans de tentatives infructueuses pour négocier un nouveau contrat de travail et plusieurs journées de grève ponctuelles. Le Syndicat des travailleuses et travailleurs de la Coop Lanaudière CSN représente des salariés de BMR-Novago qui travaillent en quincaillerie et aux installations agricoles des municipalités de Joliette et Saint-Jacques, mais toutes les installations de cet employeur ne sont pas syndiquées. Les conditions de travail dans les établissements non syndiqués de Novago sont beaucoup moindres. C’est pourquoi l’objectif avoué de l’employeur est de se débarrasser du syndicat. Cette attitude est d’autant plus frappante face à une entreprise très rentable qui se dit mue par les valeurs de coopération – Novago étant une coopérative. 

Encore bien des batailles nous attendent !

Alors que la CNÉSST travaille lentement à la mise en place des mesures prévues par la réforme Boulet, la mobilisation pour les droits des travailleuses et des travailleurs en santé et sécurité du travail se poursuit.  La lutte contre le projet de loi no 59 a clairement réveillé l’intérêt du mouvement ouvrier pour ces enjeux.  Les prochains mois s’annoncent occupés pour l’uttam, qui continue de s’impliquer activement dans le mouvement.

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