Revenu viable en 2025
Depuis 2015, l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) publie l’indice du revenu viable. L’objectif de l’indicateur est d’identifier le revenu disponible nécessaire pour vivre hors de la pauvreté. Afin de compléter les indicateurs utilisés par nos gouvernements, pour la mise en œuvre des programmes de solidarité sociale et d’aide au revenu, l’indicateur de l’IRIS évolue avec les années.
Le revenu viable prend en considération plusieurs facteurs, dont le prix du panier d’épicerie, le coût du logement, du transport, des vêtements, les soins de santé et autres dépenses nécessaires à la vie économique, sociale et culturelle d’aujourd’hui[1]. L’IRIS effectue cette analyse pour sept grandes villes du Québec et tient compte des réalités régionales, comme les frais de transport et de logement.
En 2025, le revenu viable pour une personne seule à Montréal est de 40 084 $ annuellement. Ce chiffre correspond approximativement à un salaire horaire, temps complet, de 28 $/heure, alors que le salaire minimum actuel se situe à 16,10 $/heure. Alors que ce salaire ne permet pas de vivre dignement, les régimes de sécurité du revenu en place (aide sociale, solidarité sociale, revenu de base, Supplément de revenu garanti, Sécurité de la vieillesse) ne permettent également pas d’atteindre ce seuil.
Avec les attaques répétées à notre filet social, l’écart risque de continuer à croître dans les prochaines années. Plus que jamais les mouvements citoyens, communautaires et ouvriers seront nécessaires pour mener une lutte pour un meilleur avenir économique.
[1] Consultez la publication de l’IRIS à l’adresse suivante : https://iris-recherche.qc.ca/publications/revenu-viable-2025/.
Une loi qui brime les droits du monde ouvrier
Le 29 mai 2025, le projet de loi n⁰ 89 a été adopté à l’Assemblée nationale. Cette loi, dont l’entrée en vigueur est prévue dans 6 mois, aura de lourdes conséquences pour le monde ouvrier, particulièrement pour les travailleuses et travailleurs syndiqués.
Les organisations syndicales ont donc fortement dénoncé l’ampleur des dégâts qu’occasionnera cette nouvelle législation.
Cette nouvelle loi donne, en effet, au ministre du Travail, le pouvoir discrétionnaire d’intervenir en cas de conflit de travail. Elle accordera au ministre le pouvoir de mettre fin à une grève ou lock-out, en demandant à un arbitre de déterminer les conditions de travail des salariées et salariés, s’il estime qu’un conflit « cause ou menace de causer un préjudice grave ou irréparable à la population ».
Avec une telle loi, il est fort à parier que nous verrons s’établir une diminution du rapport de force entre le patronat et les travailleuses et travailleurs. De fait, la crainte de se voir imposer un arbitre limitera le pouvoir de négociation. De plus, cette loi risque, fort probablement, de brimer des avancées sociales qui seraient bénéfiques à l’ensemble de la société, comme on l’a vu dans le passé dans le cas des luttes menées, notamment pour l’équité salariale et le salaire minimum.
Les organisations syndicales ont déjà laissé entendre qu’elles allaient contester cette loi devant les tribunaux. Restons à l’affût, afin d’être solidaire avec cette lutte.
S’unir pour défendre ses droits!
En janvier 2025, Amazon a choisi la répression plutôt que le dialogue. Plutôt que de respecter la volonté démocratique de ses employés de se syndiquer, le géant du commerce en ligne a fermé tous ses entrepôts au Québec, jetant 4500 travailleurs à la rue du jour au lendemain. Une décision brutale, punitive et profondément antisyndicale.
Mais cette fois, la riposte s’organise. La Confédération des syndicats nationaux (CSN) a immédiatement dénoncé cette fermeture « sauvage » et « illégale » et a déposé une plainte officielle devant le Tribunal administratif du travail. L’objectif : faire reconnaître cette manœuvre pour ce qu’elle est — une attaque délibérée contre le droit à la syndicalisation.
Amazon prétend réorganiser ses opérations. Mais derrière ce vernis stratégique se cache une réalité bien plus sombre : l’entreprise préfère saboter sa présence au Québec plutôt que de négocier avec un syndicat. Elle envoie un message glaçant : s’unir pour défendre ses droits, c’est risquer son emploi.
Les plus touchés? Des travailleuses et travailleurs précaires, souvent issus de l’immigration ou des étudiants étrangers, déjà fragilisés par un système injuste. Amazon les sacrifie sans scrupule pour préserver un modèle fondé sur l’exploitation.
Ce combat dépasse le Québec : c’est le droit de chaque travailleuse et travailleur au Canada de s’organiser librement qui est en jeu. Si Amazon gagne, il s’agira d’un précédent dangereux pour tous. Amazon ne doit pas faire la loi. La solidarité, elle, n’a pas de frontières!


