L’automne et la reprise des activités de l’uttam qui l’accompagne est toujours une période fort occupée pour notre organisation. Cette année ne fait pas exception, bien au contraire…
Au moment d’écrire ces lignes, le Québec est en pleine campagne électorale. Nous sommes en effet tous et toutes appelés aux urnes le 3 octobre 2022. À cette occasion, l’uttam a analysé et comparé les propositions des cinq principales formations politiques en matière de droits des travailleuses et des travailleurs en s’attardant en particulier à celles qui concernent les droits des victimes de lésions professionnelles. Pour outiller les membres qui souhaitent faire un choix éclairé le jour du vote, nous publions dans le présent Journal un comparatif des engagements retrouvés dans les programmes ou plateformes de ces cinq partis politiques.
Malheureusement, force est de constater que les enjeux relatifs aux droits des travailleuses et travailleurs, et plus encore ceux qui concernent les victimes de lésions professionnelles, prennent bien peu de place dans les documents des formations politiques. Pourtant, alors que la réforme Boulet continuera d’entrer progressivement en vigueur au cours des années qui viennent, le prochain gouvernement devra nécessairement prendre des décisions qui auront des impacts importants sur les droits des travailleuses et travailleurs accidentés ou malades. C’est ce gouvernement qui devra, par exemple, approuver ou non les projets de règlements que lui soumettra la CNÉSST en vertu des nouveaux pouvoirs que lui accorde la réforme. Le ministre du Travail devra aussi, d’ici octobre 2026, présenter un rapport sur l’application de la réforme et l’opportunité de maintenir ou de modifier ses dispositions.
Afin de tenter de mieux cerner les intentions des partis qui sollicitent notre vote et essayer d’obtenir quelques engagements, nous avons transmis aux cinq principales formations politiques un questionnaire portant sur d’importants enjeux pour le régime de réparation et les droits des victimes de lésions professionnelles. Nous publions dans ce Journal les réponses reçues aux six questions que nous avons transmises, du moins pour les partis politiques qui ont daigné nous répondre. Quant à ceux qui ont ignoré notre questionnaire, les membres de l’uttam et lecteurs du Journal pourront forger leur opinion sur la signification de leur silence…
Quelle que soit l’issue de l’élection du 3 octobre, l’uttam devra continuer de se mobiliser pour faire entendre les revendications des victimes d’accidents et de maladies du travail face au gouvernement qui sera élu. Déjà, un rassemblement est prévu le 6 octobre 2022, jour de l’entrée en vigueur du volet de la réforme qui touche le retour au travail et la réadaptation. Les dispositions de la réforme qui prendront alors effet permettront à la CNÉSST d’obliger des victimes à retourner au travail en période de traitements médicaux. Des travailleuses et travailleurs ayant perdu leur emploi en raison d’un accident ou d’une maladie du travail pourraient aussi être forcés de faire dix, vingt ou cinquante recherches d’emploi par semaine sous peine de suspension de leur indemnité. Dans plusieurs cas, des travailleuses et travailleurs seront forcés de retourner au travail chez un employeur qui ne veut plus d’eux plutôt que de bénéficier de services de réadaptation professionnelle.
Coorganisée avec nos alliés syndicaux, la mobilisation du 6 octobre 2022 sera l’occasion non seulement de dénoncer ces nouvelles dispositions, mais aussi d’interpeller les nouveaux élus pour qu’ils entendent nos revendications et sachent que nous continuerons de nous battre pour nos droits.
C’est aussi cet automne que nous découvrirons les pratiques que la CNÉSST mettra en place pour appliquer les nouvelles dispositions de la réforme en matière de réadaptation et la manière dont la Commission interprétera les nouveaux articles de la loi. Nous devrons aussi surveiller les éventuels projets de règlements que la CNÉSST tentera de faire adopter et qui pourraient notamment limiter l’accès à l’assistance médicale.
Face à ces enjeux cruciaux, l’uttam aura toujours besoin de la participation et de l’implication de ses membres. C’est pourquoi nous espérons vous retrouver dans nos activités et nos mobilisations, cet automne et au cours des mois qui viennent, pour poursuivre ensemble la lutte pour les droits des travailleuses et des travailleurs!


