Fonderie Horne : un compromis qui divise toujours
Le 10 février 2026, le conseil municipal de Rouyn-Noranda a entériné la décision controversée du gouvernement Legault : accorder un nouveau délai à Glencore pour réduire ses émissions d’arsenic. Trois ans après les consultations publiques de 2022, où la population jugeait déjà l’échéance de 2027 trop lointaine, ce report relance le douloureux débat entre économie et santé publique.
En menaçant de suspendre les investissements nécessaires à la modernisation de la Fonderie Horne, le géant minier Glencore met en balance la survie de son site abitibien, mais aussi celle de l’Affinerie CCR à Montréal-Est. Ce sont plus de 3 800 emplois qui sont directement concernés. Seule fonderie de cuivre au Canada, l’usine joue un rôle clé dans l’approvisionnement en métal pour la transition énergétique et le recyclage des batteries.
Pour les milliers de riverains, ce nouveau sursis signifie respirer un air toujours trop chargé en arsenic. Alors que la norme environnementale québécoise est fixée à 3 ng/m³, la nouvelle entente reporterait encore l’échéance pour ce seuil, pour maintenir temporairement celui des 15 ng/m³. La population reste ainsi écartelée entre la crainte pour sa santé et la peur de voir l’économie régionale s’effondrer. Le spectre d’une fermeture, agité par Glencore, continue de peser lourd dans la balance. Espérons, pour le bien-être de la population, qu’une solution équilibrant la survie de l’usine et la protection de la santé finisse par aboutir!
20 février – Journée mondiale de la justice sociale
Le 20 février est la journée mondiale de la justice sociale. Cette année, au Québec, des groupes sociaux, communautaires et syndicaux se sont mobilisés dans neuf villes pour exprimer leur mécontentement face aux politiques d’austérité et dénoncer les attaques contre les services publics et le filet social. Le thème étant « Ça suffit, le saccage du filet social – Tissé-es serré-es pour le réparer ».
À Montréal, près de 400 personnes de différents milieux se sont rassemblées au centre-ville, sur l’heure du midi, pour dénoncer haut et fort les politiques d’austérité qui portent atteinte aux droits sociaux et économiques. Des droits que le Québec s’était pourtant engagé à mettre en œuvre. Mais depuis plus d’une décennie, avec le sous-financement des services publics, les inégalités sociales continuent de se creuser.
Les groupes et les personnes rassemblées le 20 février dernier demandent donc une plus grande justice fiscale. D’abord, pour lutter contre les inégalités sociales qui ne font que s’aggraver et ensuite, pour assurer des conditions de vie dignes pour l’ensemble de la population.
En raison de sa mission, l’uttam veut participer à l’édification d’un monde meilleur et plus juste pour toutes et tous. Il était donc tout naturel que l’uttam soit présente lors de cette journée de mobilisation pour la justice sociale.
Accessibilité universelle : un recul inquiétant à Montréal
L’accessibilité universelle, qui vise à créer des milieux de vie sans obstacle pour tous, subit un dur revers à Montréal. L’organisme Ex Aequo, fervent défenseur des droits des personnes en situation de handicap, tire la sonnette d’alarme.
La nouvelle administration municipale a considérablement réduit les budgets dédiés à l’adaptation des bâtiments publics. De 3 millions de dollars par année jusqu’en 2025, l’enveloppe chute à 354 000 $ pour 2026 et à 0 $ en 2027. Pour Christiane Forget, administratrice chez Ex Aequo, cette décision est « décourageante » et risque de rendre la vie encore plus difficile, particulièrement en hiver avec un déneigement inégal.
Selon Martin Lalonde d’Ex Aequo, la situation est d’autant plus préoccupante du fait que la ville affirme que l’accessibilité demeure une « priorité », alors que les gestes contredisent les paroles. Pourtant, l’enjeu touche bien au-delà des personnes handicapées : familles avec poussettes, aînés et personnes avec incapacités temporaires sont également concernés.
Le combat pour l’inclusion se heurte aussi aux lacunes du transport en commun, où seules 29 stations de métro offrent un accès universel complet. Un rapport, datant de 2022, classait d’ailleurs Montréal au stade de la « prise de conscience », ce qui est loin d’une intégration réussie. Avec ces coupes, la ville risque de stagner, voire de régresser, dans sa quête d’une véritable inclusion pour le tiers de sa population vivant avec une incapacité.
