En bref (Hiver 2023)

Processus de syndicalisation difficile chez Adonis

Les travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce (TUAC) sont en campagne de syndicalisation auprès des Marchés Adonis, maintenant propriété du Groupe Métro.  Des employé-e-s d’Adonis souhaitent, en effet, améliorer leurs conditions de travail qui sont en deçà de celles des autres bannières.  La crainte de subir des représailles de leur employeur fait qu’ils hésitent à se syndiquer. 

Les Marchés Adonis, spécialisés dans la vente d’aliments provenant du bassin méditerranéen, emploient majoritairement des travailleurs issus de l’immigration.  Ces travailleurs se sentent souvent redevables auprès de l’employeur pour leur avoir accordé leur premier emploi comme immigrant.  Se syndiquer représente une forme de trahison envers une communauté pour laquelle ils ont un sentiment d’appartenance.  L’employeur mise donc sur cette vulnérabilité sans surtout se gêner pour entraver le processus de syndicalisation.  Le syndicat a d’ailleurs dû porter plainte au Tribunal administratif du travail contre les agissements de l’employeur. Une ordonnance provisoire, rendue le 28 octobre 2022, enjoint le Groupe Adonis de ne plus s’ingérer, ni d’entraver le processus de syndicalisation présentement en cours au Marché Adonis d’Anjou et de cesser toutes tactiques d’intimidation auprès des employés.

Depuis 2021, le syndicat des TUAC a été accrédité pour représenter les employé-e-s du magasin Adonis à Dollard-des-Ormeaux.  Il est à espérer que leurs collègues du Marché d’Anjou sauront faire preuve d’autant de courage.


Le taux d’indexation de la CNÉSST en 2023 sera de 6,5 %

Après avoir subi pendant toute l’année 2022 les effets appauvrissants de la hausse fulgurante de l’inflation, les victimes d’accidents et de maladies du travail pourront enfin bénéficier d’un certain répit.

En effet, tel que prévu à la loi, la CNÉSST va revaloriser de 6,5 % les montants fixés par la Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles à compter du 1er janvier 2023.  Ce taux d’indexation est basé sur la moyenne de l’indice des prix à la consommation (IPC) de Statistique Canada pour les 12 mois qui précèdent le 1er novembre.

Ainsi, les montants tels que l’indemnité pour dommage corporel, les indemnités de décès ou l’aide personnelle à domicile seront haussés de 6,5 % dès le 1er janvier prochain.

Cependant, en ce qui concerne l’indemnité de remplacement du revenu, la revalorisation ne se fera qu’à la date d’anniversaire de la lésion professionnelle.  Par exemple, pour une personne ayant subi son accident le 15 octobre, la revalorisation de 6,5 % de sa base salariale servant à calculer l’indemnité ne se fera que le 15 octobre 2023.  Plusieurs travailleuses ou travailleurs devront encore user de patience.

Quant au maximum annuel assurable, il sera porté à 91 000 $ dès le 1er janvier 2023.  En ce qui concerne le salaire minimum, ce n’est que le 1er mai prochain que la hausse, qui n’a pas encore été annoncée, devrait entrer en vigueur.


Reconnaissance des travailleuses et travailleurs formés à l’étranger

Le besoin critique de personnel de la santé au pays, en particulier dans les provinces maritimes, a mené le ministre de l’Immigration, Sean Fraser, à annoncer l’ouverture d’un appel de propositions dans le cadre du Programme de reconnaissance des titres de compétences étrangers.

Visant principalement les professionnel.les de la santé formés à l’étranger, le ministre interpelle, notamment, les gouvernements provinciaux, les administrations municipales, les syndicats et associations professionnelles, ainsi que les hôpitaux et universités à se manifester. Bien que les immigrant-e-s représentent environ un quart de tous les professionnel.les de la santé au pays, les données de Statistique Canada montrent qu’en 2020, 47 % des immigrant-e-s qualifiés qui avaient une formation dans le domaine de la santé étaient soit au chômage ou sous-employés.

L’objectif recherché par les projets est d’offrir à ces professionnel.les de la santé une expérience de travail au Canada ou un processus simplifié permettant la reconnaissance de leurs compétences et, notamment, des services de mentorat et d’encadrement. Ottawa, souhaite aussi faciliter la mobilité de cette maind’œuvre entre les provinces pour tous les professionnel.les, formés au Canada ou à l’étranger.

Pour toucher une part des 90 millions offerts par Ottawa pour ce projet, les propositions doivent être soumises avant la fin janvier 2023. Afin de remédier à son importante pénurie de main-d’œuvre dans le secteur de la santé, souhaitons donc que le Québec y participe!

Scroll to Top