En bref (Automne 2022)

Les salaires augmenteraient plus que l’inflation.  Ah oui, vraiment?

Depuis quelques semaines, les médias rapportent que les salaires augmenteraient plus vite que l’inflation au Québec.  Ces nouvelles sont basées sur l’Enquête sur la population active de Statistique Canada qui révélait une augmentation du salaire horaire moyen de 8,1 % au Québec entre juillet 2021 et 2022, alors qu’elle rapportait une inflation de 7,3 % pour la même période.  Ainsi, les travailleuses et les travailleurs se seraient enrichis.

L’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) a analysé les données de Statistique Canada et constate que les chiffres sont moins beaux qu’on pourrait le croire.  Plusieurs facteurs peuvent expliquer ces changements, mais la disparition d’un grand nombre d’emplois à bas salaire a fait augmenter artificiellement la moyenne des salaires.

Pour expliquer ce phénomène, l’IRIS donne cet exemple : si les 1 600 résidents de Saint-Élie-de-Caxton sont victimes d’un gel salarial entre 2021 et 2022, mais que Shae Weber (l’ancien capitaine du Canadien) avec son salaire de 12 millions US$ y déménage en cours d’année, la transformation de la structure de la population va entraîner une augmentation du revenu moyen de 15 %.  Pourtant, personne ne s’est enrichi.

À l’aide des données de Statistique Canada, l’IRIS démontre que cette augmentation du salaire moyen est beaucoup plus reliée à des transformations de la structure du marché du travail qu’à un véritable enrichissement des travailleuses et des travailleurs.

On peut consulter l’étude de l’IRIS à l’adresse suivante ici.


Risques de cancers prématurés pour les jeunes étudiants de métiers spécialisés

Une équipe de recherche de l’École de réadaptation de l’Université de Montréal entend mesurer les risques chez les étudiants qui apprennent, dès l’âge de 15-16 ans, un métier en lien avec des métaux lourds, comme de la poussière de bois, des solvants, des pesticides ou autres cancérigènes. Ces jeunes qui ont, pour la plupart, des difficultés d’apprentissage dans leur cheminement scolaire, sont dirigés vers des formations professionnelles afin d’y apprendre un métier, pour ainsi leur éviter d’être exclus du marché du travail.

Mais les risques de développer un cancer prématurément dans leur vie seraient plus élevés, en raison de leur exposition à des produits toxiques très tôt dans leur carrière. Selon la chercheure Marie Laberge, la principale difficulté est due au fait que les milieux de stage ne sont pas toujours équipés pour prévenir les risques associés à ces différentes formations de métiers semi-spécialisés et, par conséquent, pour former des travailleurs aussi jeunes.

Ce projet de recherche, ayant comme principal objectif de mesurer les risques sur la santé de ces jeunes, consistera donc à suivre huit classes de formation à un métier semi-spécialisé dans cinq écoles participantes.

Souhaitons, tel que le prévoit la deuxième phase du projet de recherche, qu’un programme de prévention naitra de cette initiative pour outiller les enseignants, mais aussi pour aider à sensibiliser ces jeunes étudiants à l’importance de la prévention des risques de l’exposition à ces métaux lourds dans le cadre de leur formation.


L’égalité hommes-femmes : encore du travail à faire!

Deux rapports récents indiquent qu’il existe encore des inégalités en emploi entre les hommes et les femmes.

Le rapport de l’Institut du Québec, publié cet été, indique qu’un an après l’obtention d’un diplôme postsecondaire, les Québécoises gagnent en moyenne 9 % de moins que leurs collègues masculins.  L’écart se creuse encore d’avantage 5 ans après la fin des études, atteignant 16 %.

Par ailleurs, une compilation récente de l’Institut de la statistique du Québec indique que bien que le revenu moyen des Québécoises ait augmenté depuis 2015, l’écart est toujours bien présent avec la gent masculine. Les femmes sont plus scolarisées que les hommes, mais ont pourtant des revenus moindres.  Elles travaillent également moins d’heures annuellement que leurs collègues masculins, mais elles continuent d’assumer des responsabilités familiales plus importantes que les hommes.

Même si plusieurs avancées ont eu lieu au cours des dernières années, il n’en demeure pas moins que plusieurs catégories d’emplois conservent encore une teinte genrée qui désavantage les femmes qui occupent des professions souvent plus exigeantes et moins bien payantes comme celles qui relèvent, par exemple, du domaine de la santé, l’enseignement et les services sociaux.

Si ces études nous indiquent que le travail entrepris a permis de diminuer les écarts de revenus et des conditions de travail entre les hommes et les femmes, souhaitons qu’elles nous convainquent surtout de mettre les efforts nécessaires pour atteindre un juste équilibre!


Régularisation des personnes sans papiers

Le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté du Canada, Sean Fraser, a annoncé vouloir mettre sur pied un programme pour régulariser la situation des personnes sans papiers au Canada.  Actuellement, c’est environ 500 000 personnes qui sont sans statut.

Des organismes de défense des droits des personnes sans papiers demandent d’aller plus loin et d’alléger les démarches administratives pour ainsi favoriser un programme qui soit complet et universel.

L’histoire a, en effet, montré que certains programmes de régularisation tenaient compte de critères sélectifs empêchant l’inclusion de nombreuses personnes.  Le programme « anges gardiens » pour les demandeurs d’asile du gouvernement du Québec, travaillant en première ligne durant la pandémie, en est un exemple. Ce programme aurait comporté des critères tellement restrictifs, qu’il aurait exclu plusieurs travailleuses et travailleurs, notamment celles et ceux effectuant le travail d’entretien ménager dans des milieux de soins de santé.

C’est d’ailleurs ce qui a mené des organismes de défense des personnes sans papiers à manifester, au cours de l’été et tout récemment, le 18 septembre dernier lors d’une journée d’action pancanadienne, pour demander au gouvernement du Québec d’être plus inclusif et de faire bénéficier aux personnes sans statut de plus de protection. Parmi les revendications, notons celles de permettre à ces personnes d’avoir accès au système de soins de santé, mais aussi de pouvoir exercer leurs droits auprès de la CNÉSST par le dépôt de plaintes et/ou de réclamations sans craindre la déportation!

Mais les risques de développer un cancer prématurément dans leur vie seraient plus élevés, en raison de leur exposition à des produits toxiques très tôt dans leur carrière. Selon la chercheure Marie Laberge, la principale difficulté est due au fait que les milieux de stage ne sont pas toujours équipés pour prévenir les risques associés à ces différentes formations de métiers semi-spécialisés et, par conséquent, pour former des travailleurs aussi jeunes.

Ce projet de recherche, ayant comme principal objectif de mesurer les risques sur la santé de ces jeunes, consistera donc à suivre huit classes de formation à un métier semi-spécialisé dans cinq écoles participantes.

Souhaitons, tel que le prévoit la deuxième phase du projet de recherche, qu’un programme de prévention naitra de cette initiative pour outiller les enseignants, mais aussi pour aider à sensibiliser ces jeunes étudiants à l’importance de la prévention des risques de l’exposition à ces métaux lourds dans le cadre de leur formation.


Traitement déshumanisant pour les prestataires d’aide sociale

Des organismes de défense des droits et de lutte à la pauvreté, des regroupements de personnes assistées sociales et leurs alliés ainsi que le Syndicat de la fonction publique du Québec ont uni leur voix dans une lettre publique pour dénoncer le virage vers l’automatisation du traitement des dossiers des prestataires de l’aide sociale. D’une même voix, ils ont notamment dénoncé le fait qu’il soit de plus en plus difficile pour ces personnes d’avoir accès à un agent pour les aider à accéder aux services.

L’objectif étant de réduire les coûts de ses effectifs, le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale (MTESS) demeure donc insensible au phénomène de l’exclusion numérique et souhaite ainsi aller de l’avant avec la mise en place d’une solution technologique déshumanisante. L’automatisation du traitement des dossiers, qui risque de rendre plus difficile l’accès au service des personnes assistées sociales, pourrait avoir de graves impacts pour des bénéficiaires qui décideraient d’abandonner leurs démarches en raison des obstacles administratifs, bureaucratiques ou technologiques.

Les signataires de la lettre publique demandent donc au MTESS de changer de cap, afin que les services soient offerts par des humains et non par des machines.

Rappelons que ce phénomène d’exclusion numérique, de moins en moins unique, affecte plusieurs travailleuses et travailleurs accidentés ou malades qui ont à y faire face dans leurs démarches auprès de la CNÉSST et même avec le Tribunal administratif du travail.

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