Journée internationale de commémoration des victimes d’accidents et de maladies du travail

Se souvenir des morts, lutter pour les vivants!

À chaque année dans le monde, plus de 2,3 millions de travailleuses et travailleurs perdent la vie à la suite d’un accident ou d’une maladie du travail. Plus de 470 millions d’autres se blessent ou sont rendues malades à cause de leur travail.

Pour que ces travailleuses et ces travailleurs ne soient pas oubliés, le mouvement ouvrier a fait du 28 avril une journée dédiée aux victimes du travail. Encore une fois cette année, la journée sera soulignée par des organisations ouvrières dans plus de 110 pays.

Un devoir de mémoire et de solidarité

C’est d’abord en souvenir des travailleuses et travailleurs qui ont payé de leur vie que nous soulignons la journée du 28 avril. Cette journée constitue également un moment privilégié d’exprimer notre solidarité avec celles et ceux qui paient de leur santé, en raison d’une lésion professionnelle, et qui subissent des injustices.

Encore l'an dernier, en 2021, beaucoup trop de travailleuses et travailleurs au Québec ont été victimes d’un accident ou d’une maladie du travail, dont 105 692 ont été indemnisés par la CNÉSST. La CNÉSST a également reconnu que 207 travailleuses et travailleurs étaient décédés suite à une lésion professionnelle. Ces chiffres ne comprennent évidemment pas les réclamations qui ont été refusées par la CNÉSST; à chaque année, c'est environ 20% des demandes qui sont refusées.

La CNÉSST et le patronat ne manqueront pas de contextualiser et de relativiser ces statistiques afin de tenter de nous convaincre que ça ne va pas si mal que ça. Mais plus de 105 000 lésions professionnelles, c'est trop. Un coup de barre s’impose.

Rendre le travail plus sûr

Pour que les choses changent, on ne peut compter sur la bonne volonté des employeurs, pour qui la recherche du profit maximal prime toujours sur la santé des travailleuses et des travailleurs. On ne peut également compter sur la CNÉSST, qui dispose de trop peu d’inspectrices et d’inspecteurs, et qui est souvent fort encline à défendre les intérêts économiques du patronat.

Les travailleuses et les travailleurs doivent donc s’unir et revendiquer des conditions de travail sécuritaires.

En ce 28 avril, exigeons la mise en application de l'ensemble des mécanismes de prévention prévus à la Loi sur la santé et la sécurité du travail telle qu'adoptée en 1979. Près de 85% des travailleuses et des travailleurs ne sont toujours pas couverts par l'ensemble des mécanismes près de 40 ans après l'adoption de la loi. On nous dit encore aujourd'hui de patienter encore trois ou quatre ans. C'est un vrai scandale!

Une réparation pleine et entière pour les victimes

Les mesures de prévention déficientes ou inexistantes dans les milieux de travail font en sorte que des dizaines de milliers de travailleuses et travailleurs à chaque année subissent une atteinte à leur intégrité physique ou psychique. Il ne serait que justice que ces personnes puissent avoir droit à une réparation des conséquences occasionnées par ces lésions professionnelles.

Or, nous constatons que le régime de réparation des lésions professionnelles génère quotidiennement des injustices et aggrave les drames humains que vivent ces travailleuses et travailleurs.

L’indemnisation à rabais des victimes de lésions professionnelles n’incite pas à la prévention.

C’est pourquoi il faut également profiter du 28 avril pour exiger la réparation pleine et entière des accidents et des maladies du travail et de l’ensemble de leurs conséquences.

Derrière ces chiffres, il y a de véritables êtres humains qui paient de leur vie ou de leur santé à cause cette absence de volonté politique de vouloir réellement changer les choses.

Ne les oublions pas.

 

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